Port-au-Prince toujours en agonie

EmeutePort-au-Prince, 9 juillet 2018.- Les activités peinent à reprendre normalement à Port-au-Prince deux jours après l’intervention du président de la République Jovenel Moïse invitant la population à rentrer chez elle, suite aux émeutes provoquées par l’augmentation de 38 à 51% du prix des produits pétroliers sur le marché local.

De nombreuses artères de la capitale haïtienne sont toujours jonchées de barricades ; le transport public est complètement paralysé. Seules quelques voitures privées et des taxis-motos sont aperçus dans les rues. Les banques, l’administration publique et le commerce formel sont restés fermés.

A Pétion-Ville, l’une des communes la plus touchée par l’émeute, l’inquiétude et la désolation peuvent facilement se lire sur le visage de certains citoyens devant l’ampleur des dégâts. Ralph Innoncent est complètement abattu devant ce qui reste de sa Toyota Rav4, incendié, devant l’hotel Best Wester Premier. Il raconte avoir parqué sa voiture devant l’hôtel et rentré chez lui à pied, en raison des violences qui ont suivies l’annonce de l’augmentation du prix de l’essence, vendredi écoulé.

Comme lui, des dizaines d’employés pris de court par la violence qui a sévi à Port-au-Prince et ses environs, avaient dû laisser leur voiture dans un parking ou au bord de la rue pour les retrouver calcinées le lendemain matin.

Pour le moment, aucun chiffre officiel n’a été avancé sur les pertes en vie humaine et matérielles. Toutefois, d’après ce que rapporte certains médias, au moins 7 personnes auraient été tués et des dégâts s’évaluant à près de 200 millions de dollars américains auraient été enregistrés.

En attendant que le bilan officiel des pertes soit établi, aucune responsabilité n’a jusqu’à présent été fixée. Le gouvernement est toujours en place et aucune démission n’est annoncée.

Avant la décision d’augmenter le prix des produits pétroliers sur le marché local, des mises en garde de plusieurs secteurs de la vie nationale avaient été lancées au gouvernement. Celui-ci avait été prévenu que la montée de ces produits ne ferait qu’aggraver la situation de misère abjecte dans laquelle vie la population avec un taux de chômage de 70 % et un salaire minimum, pour ceux qui travaillent, fixé à 300 HTG, soit 4,35 USD pour une journée complète de travail.

Depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an et demi environ, c’est la deuxième fois que le président Jovenel Moïse a procédé à l’augmentation du prix des produits pétroliers, alors que le coût de vie ne cesse de grimper.

Patrick Réma

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