Jovenel Moïse : la fin est-elle proche ?

Manif1Port-au-Prince s’apprête à connaitre, ce 7 février, une journée de mobilisation à nulle autre pareille, à en croire des membres de l’opposition et des initiateurs de Petrocaribe Challenge.
Plus d’un million de personnes sont attendues dans les rues de la capitale pour dénoncer la mauvaise gestion du gouvernement actuel et exiger que la justice haïtienne poursuive les dilapidateurs du Fond Petrocaribe, dont une quinzaine d’anciens ministres et hauts fonctionnaires indexés dans le rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA).
L’activiste politique et opposant farouche au régime actuel Schiller Louidor voit dans cette manifestation la dernière action pour chasser le président Jovenel Moise du pouvoir.
Le mécontentement populaire occasionné par la décote de la gourde par rapport au dollar américain, la hausse subite des produits de première nécessité, la preuve du gaspillage du fond Petrocaribe apportée par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, couplée des multiples promesses non tenues du chef de l’Etat, pourraient servir de carburant au moteur de la mobilisation anti-gouvernementale. L’opposition politique s’en est bien servie et a ainsi intensifié ses actions cette dernière semaine pour faire de cette manifestation la dernière goutte d’eau qui devrait, selon elle, renverser le vase.
D’aucuns s’accordent à reconnaitre que, depuis les émeutes du 6 et 7 juillet 2018, le pouvoir du président Jovenel Moise ne tient qu’à un fil. Sa gestion, jugée, maladroite de la chose publique, a mis à nu son incapacité à mettre le pays sur les rails du développement. Ses décisions de plus en plus contestées et ses promesses de plus en plus farfelues ne font qu’alimenter la méfiance populaire à son égard. D’autant plus que le rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif sur la gestion du Fond Petrocaribe a démontré que ce dernier n’est pas en odeur de sainteté dans cette affaire.
En effet, Jovenel Moise quand il n’était encore qu’un homme d’affaires, a reçu des fonds de Petrocaribe via son entreprise de production bananière Agritrans. Et comme pour tous les projets examinés, sa gestion n’est pas exempte de zones d’ombres. La Cour des comptes indique sobrement une absence de contrat et il y a aussi une confusion quant à la devise utilisée dans les factures d’Agritrans, entre dollars américains et gourdes haïtiennes.
La fin de Jovenel Moise est-elle proche ? C’est à cette question que la mobilisation du 7 février répondra.

Patrick Réma

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